Scénarios de discussion sur l'image corporelle (Draft)
Ce guide pratique aide les adultes à gérer et à remettre en question les discussions qui comparent les différents corps, ainsi que le jugement ou les attitudes négatives concernant le poids et l'apparence physique.

Il est important que tous les espaces scolaires, tels les salles de classe, les couloirs, les gymnases et les cours de récréation, accueillent et acceptent tous les types de corps. La façon dont les adultes et les élèves parlent de leur propre corps et de celui des autres a une importance. Chaque personne mérite le respect!
Voici des scénarios courants de discussions à ce sujet que vous pourriez rencontrer à votre école. Pour chaque scénario, vous trouverez :
• une pratique que vous utilisez peut-être déjà (“Au lieu de...”)
• une alternative inclusive (“Envisagez...”)
• une explication à cette pratique alternative (“Voici pourquoi...”)
Utiliser des activités en classe où l'on demande aux élèves de se regrouper par grandeur ou par taille corporelle (du plus grand au plus petit, pointure de souliers, etc.).
Lorsque des adultes soulignent ou comparent les différences entre les corps, cela peut laisser entendre aux élèves qu'il est acceptable d'en faire autant.
Les comparaisons sont plus pertinentes lorsqu'elles portent sur des préférences ou des choses neutres, et non pas sur le corps, les capacités ou la situation personnelle. Voici des exemples qui ne risquent pas de mettre les élèves mal à l'aise ou qu'ils se sentent exclus : le mois de naissance, le plat préféré, les loisirs.
Les enfants grandissent à leur propre rythme, et leur silhouette, leur taille (y compris la grandeur et la pointure des souliers), leurs cheveux et leur peau sont largement déterminés par la génétique. Puisque nous ne pouvons pas contrôler ces caractéristiques, il est préférable d'éviter tous commentaires à leur sujet, même s'ils sont bien intentionnés.
Se comparer aux autres peut engendrer des problèmes d'image corporelle ou des comportements d'intimidation reliée au poids.
Lui demander d'ignorer ces élèves ou de l'orienter vers une activité plus solitaire.
Aborder le sujet de l'inclusion et de l'équité avec les élèves. Trouver des idées pour que les jeux de récréation soient inclusifs et accueillants pour tous.
« Il est inacceptable que l'on mette qui que ce soit de côté. Discutons de solutions pour que les jeux soient amusants pour tous. »
Tous les élèves méritent de se sentir inclus, respectés et valorisés, quelles que soient la forme de leur corps ou leurs capacités. Intervenir contribue à créer un environnement scolaire inclusif où chacun a sa place. Exclure des élèves en raison de leur taille renforce la stigmatisation et peut engendrer une image corporelle négative, une faible estime de soi et de l'intimidation. .
Éviter le problème en disant « sois gentille », « on n’utilise pas le mot gros » ou « tu n'es pas grosse ».
Réagir immédiatement au commentaire. Même si c'est la première fois que vous l'entendez, les remarques sur le poids peuvent facilement dégénérer en intimidation et avoir des conséquences chroniques sur l'estime de soi et sur la santé mentale d'un élève.
Répondre calmement et rappeler clairement que l’humiliation liée au corps est inacceptable à l'école. Profiter de l'occasion pour rappeler que tous les corps sont différents et que chaque personne mérite le respect.
Rappeler les règles de la classe.
« On dirait que tu utilises ces mots pour blesser ton camarade. Pourquoi fais-tu cela? »
Les commentaires sur l’apparence physique et le poids peuvent entraîner de la discrimination, de l’intimidation et une perception négative de son propre corps. Les élèves victimes de tels commentaires et d'intimidation sont plus susceptibles de souffrir d'anxiété, de dépression et d'alimentation désordonnée. Intervenir immédiatement face à ces comportements envoie le message que tous les corps comptent et que le respect est une valeur fondamentale à l'environnement scolaire.
Ignorer ses inquiétudes ou lui donner des conseils sur la perte de poids, les diètes ou un programme d'exercices pour changer son corps.
Explorer les raisons derrière cette remarque et aider l'élève à se sentir écouté et compris.
Soutenir les élèves afin qu'ils se sentent valorisés pour ce qu'ils sont plutôt que par leur apparence. Si cela se prête, recentrer la conversation sur le bien-être et l'acceptation de soi ainsi que sur la confiance en soi.
« Il semble que tu penses beaucoup à l'apparence de ton corps. Qu'est-ce qui te fait te sentir ainsi? »
Lorsque des élèves expriment le désir de changer leur apparence physique, ce désir est souvent influencé par une pression sociale, les messages véhiculés par les médias ou les commentaires provenant des autres. Mettre l'accent sur des idéaux de beauté ne fait que renforcer la culture des diètes néfastes et peut augmenter l'insatisfaction corporelle.
Les jeunes sont particulièrement vulnérables en raison de la croissance et du développement qui surviennent pendant et après la puberté. Adopter une alimentation restrictive ou une routine d’exercise excessive peut avoir un impact négatif sur leur santé physique et mentale et mener à des comportements alimentaires désordonnées ou à des troubles alimentaires.
Laisser se poursuivre ce genre de conversations.
Réorienter les conversations en mettant en valeur des qualités qui ne sont pas reliées à l'apparence, comme la gentillesse, la créativité, la capacité à résoudre des problèmes, le sens de l'humour ou la persévérance.
Rappeler que tous les corps comptent, quelles que soient leur forme et leur taille. Encourager les élèves à analyser de manière critique les messages qu'ils voient et qu'ils entendent, particulièrement ceux qui laissent entendre que la valeur d'une personne dépend de son apparence.
En recentrant les conversations, nous montrons aux élèves que la valeur d'une personne ne se résume pas à son physique, et que se concentrer sur l'apparence peut voiler les nombreuses qualités qui rendent chaque personne unique et intéressante. Les adultes peuvent montrer l'exemple en évitant les critiques sur l'apparence physique et en mettant l'accent sur les qualités.
Bien que les conversations en ce qui concerne le corps et l'apparence soient fréquentes, elles peuvent être néfastes et nuire à l'image corporelle ainsi qu'à l'estime de soi. La valeur d'une personne ne devrait jamais être définie par son apparence ou par sa taille
Poursuivre la conversation devant les élèves.
Voici quelques réponses à considérer :
- Détourner la conversation des élèves : Parlons-en plus tard, je dois me concentrer sur les élèves pour le moment. Ou encore : Je m'en vais à la salle des profs, discutons-en là-bas.
- Aborder un autre sujet : Avant que j’oublie, je voulais vous parler de…
- Reformuler : J’essaie d'enseigner que les corps sont tous différents, c’est pourquoi j’évite de parler de diètes.
- Porte de sortie : Je m'excuse, je dois me préparer pour mon prochain cours.
Si c'est possible, rappeler à cette personne que l’école doit être un lieu inclusif où chacun, y compris les éducateurs et le personnel, devrait se sentir accepté tel qu’il est.
Ce type de situation peut s'avérer délicat, surtout en présence d'élèves. Il n'y a pas toujours une solution idéale. Le contexte, les personnes présentes, le ton de la conversation et l'environnement peuvent déterminer la manière de réagir afin de créer un espace inclusif où chacun, élève et adulte, se sent respecté.
Les éducateurs et autres adultes jouent un rôle déterminant dans le développement des comportements et des attitudes des élèves. Il est donc essentiel de donner l'exemple en adoptant un langage et des comportements positifs et inclusifs. N'oubliez pas que les élèves vous observent et vous entendent.
Les conversations concernant les diètes ou la perte de poids peuvent véhiculer des messages qui font du tort, tant auprès des élèves que pour les collègues. Les élèves pourraient penser qu'il est normal de restreindre son alimentation ou de chercher à perdre du poids. Ils pourraient interpréter textuellement les idées reçues sur l'alimentation et le corps, ce qui peut engendrer des comportements mauvais pour la santé.
Parler de ses choix alimentaires ou de ses habitudes alimentaires.
« Je ne consomme pas de produits laitiers parce que… »
« Le gluten et les glucides me donnent des ballonnements. »
« Je pratique le jeûne intermittent et ça me convient. »
Éviter de partager vos habitudes personnelles et privilégier plutôt des ressources pédagogiques fondées sur des données factuelles et conformes au programme scolaire, comme le Guide alimentaire canadien et les idées de leçons BouchéesBrillantes.
Enseigner la diversité et les choix alimentaires sans porter de jugement. Reconnaître que les choix alimentaires sont influencés par la culture, les traditions, les allergies, les intolérances, l’accès et les préférences. Les choix alimentaires ne rendent personne supérieur aux autres.
Lorsque l'occasion se présente, offrez aux élèves la possibilité de goûter à une variété d'aliments et d'acquérir des compétences culinaires. Explorez les ressources « Cuisiner, cuire et apprendre
» et « Jardiner, cultiver et apprendre ».
Lorsque les adultes parlent de leurs habitudes alimentaires ou de leurs choix alimentaires, les élèves pourraient assimiler ce qu'ils entendent (par exemple : « Mon enseignant ne boit pas de lait, alors peut-être devrais-je éviter d'en boire aussi »).
Lorsque les adultes catégorisent certains aliments de façon positive ou négative, les élèves pourraient projeter ce sentiment sur eux-mêmes. Ils pourraient éprouver de la culpabilité ou de la honte à l'idée de manger (ou de ne pas manger) certains aliments.
Il ne faut jamais encourager les élèves à suivre une diète. Leur corps et leur cerveau sont en plein développement et ils ont besoin d'une alimentation constante. Ces comportements pourraient perturber une relation positive avec la nourriture et augmenter le risque de mener à des comportements alimentaires désordonnées ou à des troubles alimentaires.
Si un élève pose des questions sur la nutrition ou sur son alimentation, les éducateurs peuvent l'orienter vers un professionnel de la santé ou une diététiste pour obtenir des conseils.


